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Description de la maladie


La papillomatose laryngo-trachéo-pulmonaire (qui peut porter d'autres noms en fonction de la localisation des lésions et de l'âge de la personne atteinte) est une maladie d'origine virale causée par le virus HPV. Il s'agit du même virus que l'on retrouve au niveau vaginal et qui est à l'origine du cancer du col de l'utérus. Celle-ci est responsable de lésions appelés papillomes qui peuvent toucher tout l'axe respiratoire (larynx, trachée, poumons) et digestif. Ces papillomes sont des proliférations tumorales bénignes qui "poussent" dans le larynx et/ou la trachée, et les obstruent. Ceux-ci ont une forme très spécifique, ce qui permet au médecin de les reconnaître facilement, cependant une biopsie est souvent opérée afin notamment de confirmer le diagnostic et de définir plus précisément le type d'HPV (en effet, il en existe un grand nombre). Les papillomes sont enlevés chirurgicalement (notamment grâce au laser) mais la récidive est fréquente. Il est à noter que le risque de dégénérescence maline des papillomes est rare mais possible.

L'apparition évolutive de lésions pulmonaires constitue l'une des plus graves complications de la papillomatose. En effet, elle se traduit par une dégradation très importante  de la fonction respiratoire, des images radiologiques très spécifiques, des douleurs quasi permanentes si les lésions touchent la plèvre. En outre, cette complication peut encore se compliquer par des surinfections pulmonaires régulières et le risque de pneumothorax.

La gravité de la maladie peut être très variable, cela va de la rémission au décès. Tout dépend de l'agressivité de celle-ci et de son évolution qui est très variable et capricieuse. On ne guérit jamais vraiment de la papillomatose car même si il y a rémission, on ne peut jamais être sûr que celle-ci n'est plus présente dans l'organisme.

Précision supplémentaire, la papillomatose laryngo-trachéo-pulmonaire n'est transmissible d'aucune façon. L'état actuel des connaissances sur la  maladie ne peuvent permettre d'affirmer un mode de contamination précis, cependant l'hypothèse de contagion au moment de l'accouchement est privilégiée.

Traitements

De nombreux traitements ont été testés mais très rares sont ceux qui ont montrés une réelle efficacité d'autant plus que les récidives sont très courantes. Vous trouverez ici les principaux mais d'autres existent.

Il existe deux types de traitements:
Ceux qui visent à enlever les papillomes;
Ceux qui ont un but curatif concernant l'infection à l'HPV.

Le laser (laser CO2, laser KTP, laser Argon, laser PDT,...) est la façon la plus efficace d'enlever les papillomes que se soit dans le larynx ou la trachée. Le laser CO2 est le laser le plus utilisé pour supprimer les papillomes au niveau laryngé. Cependant, ils ont comme inconvénient très important de brûler les tissus sains.

La microchirurgie classique permet l'ablation des papillomes sans brûler les tissus sains mais présente un risque hémorragique plus important.

Le microdébrideur qui permet une réduction tumorale via une lame spéciale et un système qui tourne très lentement.

Les Interférons Alpha dont on pense qu'ils agissent comme des immunomodulateurs (substances qui modifient le fonctionnement du système immunitaire) et qu'ils peuvent aussi empêcher la multiplication des virus, ont été pendant très longtemps le traitement de référence de la papillomatose.
Il est à noter que les interférons sont des substances produites naturellement par l'organisme afin de l'aider à lutter contre les virus.
Cependant, les interférons présentent de nombreux effets secondaires: syndrome pseudo-grippal (fièvre, fatigue, myalgies,...), au niveau neurologique (vertiges, troubles mnésiques,...), au niveau cardio-pulmonaire (palpitations,...), au niveau digestif (anorexie, nausées, vomissements,...), au niveau hépatique (élévation des transaminases), au niveau rénal (hématurie, albuminurie,...), au niveau cutané (chute partielle ou totale des cheveux, psoriasis, sécheresse de la peau et des muqueuses), au niveau endocrinien (troubles de la glande thyroïde, chute du taux de calcium dans le sang, hyperglycémie), au niveau hématologique (baisse des globules blancs, baisse des globules rouges, baisse des plaquettes), mais aussi l'apparition d'anticorps anti-interféron. Ceux-ci font que l'interféron est réservé aux personnes présentant une papillomatose agressive. Il est à noter que des progrès ont été réalisés et qu'il existe actuellement les interférons pégylés qui présentent  moins d'effets secondaires et qui augmentent les chances de réponse prolongée. En outre, une nouvelle forme mensuelle d'interféron serait à l'étude.

Des autovaccins qui consistaient à prélever des fragments de papillomes, afin d'en extraire les antigènes, et qui étaient réinjectés au patient, dans le but de  réactiver le système immunitaire, ont été testés. Ils sont maintenant interdits car ils enfreignent les normes nationales et internationales de traitement de produits humains.

L'indol-3-carbinol et le Di-indole-méthane sont des actifs contenus dans les plantes et ont été utilisés en complément dans le traitement de la papillomatose. Des études ont été menées à ce sujet, si quelqu'un a des infos, merci de me les transmettre.

Les vaccins, et notamment le Gardasil qui est déjà commercialisé pour la prévention du papillomavirus sont peut être une solution thérapeutique future pour la papillomatose.

L'artemisinine, déjà utilisée dans le traitement du paludisme, offrirait aussi de nouvelles perspectives dans le traitement de la maladie.
Voir description:
http://en.wikipedia.org/wiki/Artemisinin

Les antiviraux:
L'acyclovir a été testé et a présenté des résultats positifs.
La ribavirin a également été testée. Si quelqu'un a des infos sur l'intérêt de l'utilisation de cet antiviral pour la papillomatose, merci également de me les communiquer.
Le cidofovir ou Vistide est l'antiviral le plus couramment utilisé dans le traitement de la papillomatose. Il peut être administré de trois façons différentes:
L'injection intra lésionnelle qui se fait sous anesthésie générale a donné de  bons résultats dans le cadre de  lésions laryngées et trachéales.
L'administration par voie intraveineuse est utilisée pour les papillomatoses très agressives et/ou présentant des lésions pulmonaires. Cependant, l'importante toxicité rénale du cidofovir (atteinte grave et irréversible) sous cette forme rend obligatoire le respect d'un protocole très strict, à savoir, une hydratation très importante du patient pré et post administration du vistide, ainsi que la prise de Probénécide (protecteur rénal).
Pour plus d'infos sur le cidofovir (vistide) et le probénécide:

http://www.medicadoc.com/Infectiologie-Parasitologie/Antiviraux/Virus-du-groupe-Herpes-(HSV,VZV,CMV)/Cidofovir/Vistide_f2315

http://www.medicadoc.com/Rhumatologie/Traitement-hypo-uricemiant/Uricosuriques/Benemide_f3944

3.  Une nouvelle voie d'administration commence à être explorée, il s'agit de  l'administration en aérosol qui a l'avantage de ne pas présenter de toxicité pour les reins. Cependant, l'aérosol doit se faire en milieu hospitalier dans des conditions très précises.
Voir l'article ci-joint pour plus d'infos:
http://www.jle.com/fr/revues/bio_rech/jpc/e-docs/00/04/34/C3/article.md

Plusieurs cas de bithérapies (cidofovir, Interféron) sont recensés dans la littérature médicale avec des résultats positifs. 








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